Le remboursement,
                           mon positionnement

⚠️ Pour les personnes consultant avec une ordonnance pour des consultations auprès d'un psychologue :

Justine Solignac ne fait pas partie des professionnels adhérent au dispositif de remboursement par la sécurité sociale que le gouvernement souhaite instaure dès 2022. Votre médecin est censé vous indiquer la liste de professionnels psychologues adhérents à ce dispositif ; il n'y a qu'auprès de professionnels psychologues affiliés au dispositif que vous pourrez être remboursé.

Cette décision est orientée par le fait que les conditions de ce dispositif ne respectent pas la déontologie de ma profession, ni les conditions qui en découlent. En ce sens, et ne pouvant assurer un travail thérapeutique décent en lien avec les mesures obligatoires du dispositif, je choisis sciemment de ne pas y être affiliée

 

Voici, ci-dessous, rédigé et sous forme d'infographie, les différentes conditions auxquelles , vous en tant que patient.e serez amener à expérimenter si vous vous dirigiez vers ce dispositif :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En réalité, la probabilité de correspondre aux critères d'inclusion ne concernerait qu'environ 0,5% des français ; si et seulement si votre souffrance psychique rentre dans les cases des critères d’inclusion (selon un rapport du Manifeste Psy publié le 6 décembre 2021).

   · En tant que professionnelle, j'accepterais que soient catégorisées certaines souffrances comme étant "remboursables" et pas d'autres. J'accepterais aussi la précarisation de mon métier, qui, avec un tel montant de remboursement (30 € les 30 minutes), ne pourra jamais me permettre d'avoir une condition de vie décente après déduction de l'ensemble de mes charges sur le montant du remboursement (avec un rythme de consultation moyen, un professionnel dans mes conditions ne prétendrait à un bénéfice net équivalent à un SMIC voir moins).

Conséquence: je surchargerais certainement mes journées, à "enchaîner" des consultations de 30 minutes et faire des psychothérapie low-cost, sans sens, sans le temps nécessaire pour que vous puissiez avoir le temps de vous exprimer

Ce n'est bien sûr pas de la sorte que j'ai envie de pratiquer mon métier.

Vous pouvez cependant être sûr·e d'une chose: 

Les psychologues disent oui au remboursement. Ils le souhaitent et espèrent un jour que les soins de santé mentale puisse être accessible à toutes et tous.

 

OUI, mais pas n'importe comment.

Pas en maltraitant les patient.e.s, pas en précarisant les professionnel.le.s, pas en délaissant les services publics surchargés, en fermant des structures et en précarisant les libéraux.

Je questionne à chaque consultations sur la possibilité de leurs mutuelles à prendre en charge les consultations. Une facture est réalisée à chaque fin de séance et/ou sur demande.

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     · Vous serez obligé.e de parler de votre souffrance à un médecin afin que celui-ci, s'il le juge utile, autorise par la biais de l'ordonnance, un remboursement des consultations (ordonnance obligatoire pour percevoir les remboursements) ;

     · Sur votre ordonnance, votre médecin inscrira un nombre de séances limitées et qu'il vous faudra faire renouveler à chaque fois en acceptant de faire part de propos pertinents démontrant que vous avez besoin de poursuivre des consultations afin qu'un renouvellement de cette ordonnance puisse être fait ;

 

     · Vous n'aurez droit qu'à des consultations d'une durée de 30 minutes maximum (obligatoire, aucun dépassement n'est autorisé) ;

     · La (grande) probabilité pour que vous ne rentriez pas dans les critères d'inclusion permettant d'accéder au remboursement.

Pour être remboursé, seule la dépression et/ou l'anxiété d'intensité légère à modérée n'est valable.

 

Si vous êtes malheureusement concerné.e par les faits ci-dessous, alors vous ne pourrez être remboursé.e car votre médecin ne sera pas autorisé à vous faire une ordonnance étant donné que vous ne ferez pas partie des critères d'inclusion. (Cf. Critères de l’expérimentation de 2018 dont ce dispositif est issu).

- avoir des idées suicidaires,

- prendre un traitement psychotrope (tel que des anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères),

- avoir des antécédents de dépression et/ou de troubles psychiatriques (signes psychotiques, addictions, etc.)

- souffrir de TOCs (Troubles Obsessionnels Compulsifs)

- souffrir de TCA (Troubles du Comportement Alimentaire)

- souffrir de crises d'angoisses, de crises de paniques, de crises de spasmophilie, 

- souffrir d'un deuil, d'une séparation, d'une rupture amoureuse, amicale, familiale

- souffrir de ses relations sociales, de relations toxiques, de violences

- souffrir/avoir souffert d'inceste, d'agressions sexuelles, de viols

- souffrir d'avoir des difficultés à communiquer, à exprimer vos émotions;

etc, etc...

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Chère patiente, cher patient, 

 

Pour une séance, il faut du temps. Chacun sa manière de travailler, mais il est fréquent qu’une séance de psychothérapie dure 45 minutes. Parfois plus, comme dans le cas des thérapies de groupe (famille, couple) et de certaines thérapies comportementales. Pour une thérapie, il faut du temps. Les thérapies courtes, cela existe, et elles peuvent même être fécondes. Mais pour que les défenses commencent à s’assouplir, pour que tout ce qui est douloureux et complexe puisse se dire, pour que l’élaboration puisse advenir, le patient a souvent besoin de beaucoup plus que 20 séances.

 

Pour un.e psychologue, il faut du temps. Et aussi entre ses patients. Du temps pour prendre des notes, du temps pour réfléchir, du temps pour lire, pour apprendre, du temps pour se poser et se ressourcer avant d’aller à la rencontre d’un nouveau patient. C’est parce qu’il méprise la question du temps que le dispositif de remboursement des séances annoncé hier par Emmanuel Macron est un cadeau mal ficelé pour les patients et empoisonné pour tout le monde. Un.e psychologue qui accepterait de rentrer dans ce dispositif, lequel rembourse jusqu’à 20 séances de 30 minutes, en serait réduit à aligner les patients à la chaîne pour avoir des revenus a peine décents. Travailler plus (et plus mal) pour gagner moins, la Start Up Nation a encore frappé.

 

Sans avoir pris le temps de nous écouter.

Sans avoir daigné nous rencontrer.

Sans avoir chercher à analyser nos difficultés.

La prise en charge de la souffrance psychique, c’est peut-être une éthique autant qu’un métier.